REER : cotiser sans se tromper
- Patrick Charette
- 30 janv.
- 3 min de lecture
Chaque année, à l’approche de la date limite REER — le 2 mars cette année —, la même pression revient :
« Il faut absolument cotiser avant la date limite. »
Mais une question essentielle est rarement posée :
Est-ce réellement la bonne décision pour votre situation financière ?
Le REER est un outil puissant de planification financière. Toutefois, mal utilisé, il peut aussi devenir une source d’impôt élevé et de mauvaises surprises à la retraite.
C’est pourquoi j’aime rappeler une chose fondamentale :
Avant d’investir, il faut savoir décaisser.
Le REER : un excellent outil… quand il est bien compris
Le REER n’est pas simplement un compte d’épargne.
Il s’agit avant tout d’un outil de report d’impôt.
Lorsque vous cotisez :
vous obtenez une déduction fiscale immédiate
l’impôt n’est pas éliminé
il est reporté au moment du retrait
Autrement dit, l’argent n’est pas non imposable : il sera imposé plus tard.
Toute la stratégie repose donc sur une question centrale :
Serez-vous imposé à un taux plus bas ou plus élevé lorsque vous décaisserez ?
L’erreur la plus fréquente : cotiser automatiquement
Beaucoup de gens cotisent au REER par habitude, sans analyse.
Pourtant, certaines situations rendent la cotisation moins avantageuse :
année de revenu plus faible
changement d’emploi
congé parental
travailleur autonome avec revenu variable
entrepreneur se versant peu de salaire
Dans ces contextes, la déduction REER peut être peu efficace ou mériter d’être reportée à une année plus favorable.
Cotiser n’est pas toujours urgent.
Bien cotiser l’est beaucoup plus.
REER ou CELI : le mauvais débat
On oppose souvent le REER et le CELI comme s’il fallait choisir l’un ou l’autre.
En réalité, ils remplissent des rôles différents :
REER
Déduction à la cotisation
Imposition au retrait
Impact sur le revenu de retraite
CELI
Aucune déduction
Retraits non imposables
Grande flexibilité
Selon votre situation :
le REER peut être prioritaire
le CELI peut être plus avantageux
ou une combinaison stratégique des deux peut offrir le meilleur résultat
Il n’existe pas de solution universelle.
Le remboursement d’impôt : un faux sentiment de gain
Recevoir un remboursement REER donne souvent l’impression d’un gain immédiat.
Mais la vraie question demeure :
Que faites-vous avec ce remboursement ?
S’il est dépensé ou utilisé pour les dépenses courantes, une partie importante de l’avantage fiscal disparaît.
Utilisé stratégiquement, il peut renforcer la planification financière globale.
Investir sans penser au décaissement : une erreur coûteuse
On parle beaucoup de rendement et de performance.
Mais beaucoup moins de :
fiscalité au retrait
ordre de décaissement
impact sur la pension de vieillesse
taux marginal réel à la retraite
Pourtant, tout l’argent sera retiré un jour :
REER et FERR
CELI
placements non enregistrés
compagnie de gestion
Et c’est souvent au moment du décaissement que les erreurs coûtent le plus cher.
D’où cette phrase qui guide ma pratique :
Avant d’investir, il faut savoir décaisser.
Les bonnes questions à se poser avant le 2 mars
Avant de cotiser, prenez le temps de réfléchir :
Quel est mon revenu imposable cette année ?
Suis-je dans une bonne tranche d’imposition ?
Devrais-je cotiser maintenant ou reporter la déduction ?
Quel sera mon revenu à la retraite ?
Comment le REER s’intègre-t-il avec le CELI et le CELIAPP ?
Quel sera l’impact fiscal lors des retraits ?
Une cotisation REER devrait toujours être une décision stratégique, jamais automatique.
Le REER fait partie d’un plan global
Le REER n’est ni bon ni mauvais.
Il devient puissant lorsqu’il s’intègre à :
une planification de retraite claire
une stratégie de décaissement réfléchie
une coordination entre les régimes
une révision annuelle personnalisée
Accumuler sans plan, c’est avancer à l’aveugle.
Planifier, c’est reprendre le contrôle.





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